correspondance avec B. Cauhapé
à propos de l'homme de Mars
Pour résumer l’affaire un « vieux » (est-il si vieux?) encombre une place (ville ou village … un ailleurs?) et l’éradication systématique des anciens inutiles est en cours (une euthanasie institutionnelle en quelque sorte). Mais le vieux (« l’òme » ainsi nommé dans la pièce) sème le doute par sa science et sa mémoire phénoménale. Il évoque des personnages illustres et sa proximité (allant jusqu’au mimétisme) avec le cardinal Marty, Enric Mouly, Emma Calvé, Joan Bodon …. qu’il fait apparaître à sa guise.
La mairesse et ses conseillers hésitent à l’éliminer. Une question revient souvent quand à l’origine de l’òme et une hypothèse farfelue se précise au fil du temps. On se souvient de l’atterrissage d’une soucoupe volante dans les années cinquante et de la disparition (ou du remplacement) de certaines personnes (le Gafet qui travaillait au garage et de Gineste un cordonnier …). Mystères jamais vraiment éclaircis et enfouis dans la mémoire collective. On évoque aussi la montagne de Bugarach près de Rennes le Château où l’abbé Béranger Saunières découvrit un trésor et beaucoup plus encore les étonnantes connexions avec les extra-terrestres. (Béranger Saunières ne fut-il pas l’amant d’Emma Calvé, laquelle plus tard dansera la valse en son château de Cabrières avec Enric Mouly ? Et ce fameux Jean-Henri Fabre qui parlait aux insectes ? Qui à l’évidence n’y verrait-il pas la supériorité de la langue d’òc pour assurer la programmation des machines volantes et des robots cachés chez les extra-terrestres infiltrés de longue date pour s’imprégner du Trésor du Félibrige, l’oeuvre du Grand Mistral et d’une langue si riche et si éblouissante qu’elle est une expression divine donc universelle !
Je vois ça (rétrospectivement) comme un délire qu’il conviendrait d’extraire d’un contexte trop pagnolesque et trop félibréen (ni un midi et son village en caricature, ni un occitan réduit à un folklore comme l’ont parfois représenté les félibres). Ceci peut conduire à des contre points provocateurs ; le vieux est jeune / l’homme est une femme / le passé est le présent et vice versa. Le lieu où se déroule l’action devient « indéterminé » entre enfer et ciel … un espace minuscule mais aussi immense à l’ échelle de l’univers avec des sons qui nous amènent dans un trou noir. Rupture du dernier sceau (lo sagèl) de l’Apocalypse. Mais ces sons n’étaient-ils pas déjà dans la cabrette aubracienne et la bodega ? Aussi dans le miaulements de mon chat Minouchon et l’hymne américain d’un Jimi Hendrix ? Et, why not, le Salve Regina des moines d’Estaing.
La fin est une Assomption entre les cardinaux de la Curie et les pistoléros d’Escobar.
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