jeudi 29 janvier 2015

CRIMES À L'ANCIENNE

Quelques uns des instruments utilisés par nos anciens pour le crime courant.


Qu'il me soit permis de prodiguer quelques conseils que les jeunes générations adeptes d'armes à feu sophistiquées auraient tendance à oublier.
Le bon ouvrier entretient ses outils. Le bigòs, le piassou, le poudet, ...  doivent être confiés à un forgeron de renom qui procèdera dans un premier temps à une remise en forme des dents du bigòs parfois vrillées par un choc violent. À chaud l'artisan étirera le métal en pointe régulière puis après l'avoir repassé au feu de la forge jusqu'à percevoir la couleur "rouge cerise" il le plongera dans le bac d'eau froide quelques secondes ensuite il suivra la transformation des couleurs (bleu) jusqu'à replonger l'objet dans l'eau pour un refroidissement définitif.

Si on refroidit rapidement à partir de 900°C  en trempant dans l'eau on a un mélange de cristaux cubiques à face centrées et cubiques centrés. Ces cristaux n'ont pas la même densité. La création de grains de volumes différents dans un métal qui n'est plus très chaud, s'accompagne de distorsions des cristaux et d'efforts internes très grands. Le métal durcit par écrouissage et ce durcissement est d'autant plus grand que la température de la transformation est basse et rapide. Il en résulte une suite de glissements de certains plans d'atomes les uns par rapport aux autres de façon très brutale.
Dans cet état( dit martensite ), le métal a une dureté très élevée à cause des efforts internes qui sont produits. Le métal est dit TREMPÉ. 

Le métal est fragile, et si on le laisse tomber, il donne un son très cristallin caractéristique.
Quelques professionnels exigeants limeront à chaud les pointes avant le trempage. 

L'instrument est nettoyé puis remisé dans de la graisse d'oie après usage. On estime généralement qu'un enfant est apte à l'apprentissage vers 4 ans (un peu plus tôt pour les filles). À l'entrainement on utilise des courges-cibles (butternuts-targets) avant les premiers gels. Exiger des enfants qu'ils entretiennent eux-mêmes leurs instruments, procéder à des inspections surprise dans leurs cartables. Un jeune ségali ne se rend pas en classe sans son piassou, la ségaline emporte toujours son chapelet consacré noué au manche de son poudet. Le bigòs d'usage indifférencié (fille/garçon) est fièrement porté sur l'épaule le dimanche à la messe (néanmoins déposé au sol pendant l'élévation).

Les abonnés au blog suivront d'autres conseils pratiques dans les jours qui viennent.  

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